Mercredi 15 octobre 2008

 


été 2008



1. Randonnée

(Le 18 Août 2008, nous avons pris le chemin de Menez Gore en Brasparts. C'était une après-midi délicieuse, et comme nous avions un peu de temps devant nous , au retour, les mots, nés dans l'instant, ont gardé les parfums du lieu.)


Passant les derniers toits le chemin s'engouffrait dans la verdure sombre touffue sous les ifs, parfois longeant un pré éclaboussé de lumière.

Le souffle tendre d'un 15 Août traversé de papillons emportait les marcheurs vers un ponceau de chêne.

Ils devisaient gaiement sautant les terres gorgées d'eau comme des enfants pressés d'écouter le torrent chantonner sur les pierres.

Cet instant de beauté au centre des cyclones du monde appelait tout leur être à la sérénité. Le rythme de leurs pas au coeur des collines, leur empreinte dans l'humus, le frôlement des fougères à leurs hanches, le murmure des nuées à l'oreille des pins les habillaient de paix dans la maturité du jour. Main dans la main ils puisaient dans la nature odorante l'énergie de lier toutes les nuits en une gerbe d'amour. V+S



2. Traversée

(A observer l'écluse et le halage, à vivre là, devant la chute d'eau, se mêlent les images du dehors et du dedans... et puis l'envie d'ouvrir les portes, de jouer à l'éclusière...)


Nous croyons la coulée de l'eau immuable,

comme une parole ininterrompue venant du fond du ciel.

Barges, voiliers, saumons remontent le fleuve comme avant,

et notre pensée embrasse les collines voisines, les terres lointaines,

faisant sienne les larmes du monde jusqu'à la crainte du lendemain.

Les nuages s'amoncèlent, soulèvent la terre.

Nos peurs s'amplifient, la submergent,

elles passent l'écluse aux portes disjointes.

Dans l'aube incertaine, nos pensées folles remontent le fleuve

sans comprendre la course du vent dans les cimes.

L'angoisse s'agglutine dans les hameaux avant qu'on n'en revienne à la lecture des sources.

Les pluies torrentielles et le frémissement des pierres vont répondre aux questions des hommes,

pourtant l'écluse s'ouvre et se ferme sans retenue à l'instant même où nous le décidons.

Pourquoi laissons-nous passer nos peurs ?

L'eau bouillonnante nous interpelle.

Que transporte-t-elle dans ses méandres ?

Notre regard s'évade de l'écluse, se veut plus précis,

et dans la foison de brins, l'oeil retient les musiques vertes, bleues et jaunes des libellules.

Un soleil discret souligne la magnifiscence du lieu.

Autour de l'eau, subtilement retirées, une multitude d'ailes en mouvement se croisent,

fêtent le jour et l'abondance.

Pour nous et avec nous.




3. L'écluse

Voilà que l'écluse m'appelle de tous ses cris.

un batelier de l'été, arqué par l'effort, dompte la lourde porte aval.

Il geint de son propre désir, ne remarque pas l'envol du héron,

ni le glissement des canetons sous le feuillage, ni l'appel de leur mère, ni la chanson des syrphes.



L'homme a perdu la carte du ciel et la part de lui-même qui rêvait.

La manoeuvre dans le sas occupe toute sa pensée prisonnière d'une route déjà tracée.

Et j'ouvre l'écluse en amont,

puis les portes aux échelles se referment sur sa fuite.

Les rouages des crémaillères au repos, je délaisse l'étier de granit pour la berge.


Pieds nus parmi les herbes, nous sommes l'enfant et le poète, habités de tous les chants.

L'éclat de notre joie ricoche sur les rives, apaise l'eau et la flore,

s'élève en volutes dans le ciel comme une invocation à la paix, à l'amour, à la vie.



4. L'enfant-dieu

(Il suffit parfois d'une seule image, ici mon enfant vu de dos dominant l'écluse, et faisant tournoyer un bâton, pour que naisse un désir de conte...)


Il faisait un temps de libellule,

ciel d'été d'un bleu parfait,

brise légère de midi.


Posé sur la borne en granit dominant l'écluse,

l'enfant explorait le sas, la marche d'eau,

jusqu'à l'autre rive inaccessible, et déjà source de désir.

Il tapotait le sol d'un bâton de noisetier fraîchement taillé et marmonnait au vent des phrases qu'il ponctuait d'un geste guerrier.

« Qui serais-je dans mille ans ? Habiterais-je encore ces lieux ? Pourquoi les hommes ne conversent-ils plus avec les bêtes ? Est-ce vrai que j'ai une âme... ?

S'il en est ainsi, je suis un jeune dieu sur terre ! Quelles grandes choses vais-je accomplir ?

 

Moi le jeune dieu sur terre je lancerai des perles de sagesse et mettrai tous les coeurs à nu ! »

L'écho de sa parole éclata en messages d'amour sur la terre et les astres l'entendirent.

Son bâton s'enflamma dans un grondement d'orage. L'enfant se saisit hardiement du joyau tombé du ciel. Il ne connaissait pas la peur. Il contempla la lame étincelante d'or, et de sa nouvelle épée, fendit d'un trait de feu tous les mensonges des hommes. Il avisa un héron qui l'observait sous les aulnes... »vois, je suis ton roi ! J'ai la charge de la terre, des bêtes et des hommes ! Et demain des milliers d'enfants seront, comme moi, rois du monde ! »


 

 

 


5. Le portail 02.09.08


(Nous fermons la porte de notre maison et faisons face chaque jour à nous-même, à nos souvenirs, avec force ou fragilité...)


Nous existons entre roche ronce fougère et eau bruissante,

je passe le portail, les herbes hautes toujours humides,

le vantail qui fait écran à l'inconnu.

Un temps de sieste ou de méditation.

Je me ressource parmi les roses, les parfums, la bruyère en fleur.

Une persistance de Bach au dîner.

Les soucis du monde dans les verres à vin d'Espagne et la dernière goutte de poire sur l'absence...

Sommes-nous pareils aux repus, aux satisfaits, aux affâmés, aux incendiaires ?

Devant moi, devant chacun de nous,

une porte qui ne peut s'ouvrir dans la cohue,

une porte que nous savons devoir ouvrir seul, un jour qui vient très vite.

Tout autour personne ne pressent notre désarroi, cette question qui nous étreint.

Dans le silence nouveau,

nous cherchons l'issue avant la porte.

Il n'y a pas d'issue,

nous sommes seuls.

Un regard d'amour en arrière,

sans reproche, sans regret.

 


Et puis le corps vibrant, nous escaladons les marches.

Sous la porte, d'autres marches,

et le souffle d'air frais par la serrure.

- « Entre » dit une voix

« je suis la Vérité mais aussi la Beauté et l'Amour 

entre, ici toute la place est pour les êtres libres ! »

  • « Et que sais-tu de moi ? »

La voix se penche :

  • « Il n'y a que les corps trempés de ciel qui vivent dans le véritable Amour.

Comment vas-tu révéler tes richesses ? »

  • « Je les égrennerai dans la nuit et celui qui est prêt à entendre les cueillera le temps d'une rose, le temps d'aimer toutes les vies, le temps d'aimer les mondes infinis »



 

6. le Pommier II 04.09.08


(Tous les jardins que j'ai traversés étaient habités de pommiers. J'ai une admiration pour cet arbre, presque une vénération. Voulez-vous que je vous lise le premier poème du pommier écrit il y a maintenant 20 ans, avant de vous donner à lire celui-ci ?)


J' ai vu les rosiers s'enraciner, donner des roses crème et orangées

J' ai vu la femme et l'homme s'éprendre de l'éclosion des roses et m'oublier,

moi, le petit pommier né du vent, d'un peu d'humus sur la roche.

Pourtant je donne, à pleines paumes,

à faire tomber mes fruits, silencieusement dans la nuit,

pour les mulots, les guêpes, les fourmis...

A quoi sert de donner à celui qui ne sait goûter ?

Ne vaudrait-il pas mieux que je m'en aille,

mourir à cette terre ?

M'empépiner ailleurs là où les fruits seront mangés ?

Pourquoi persister dans l'ombre de la roche ?

Qu'est-ce que mon destin si je me fige sans espoir ?

Est-il possible que je me déracine, que je m'extrais de l'ignorance du sol,

que des ailes se déploient de mes branches ?

De quelle terre vais-je hériter et qui viendra se nourrir de mes fruits ?

Je pense jusqu'au bout de mon être,

mes racines se lèvent plus légères que le vent,

je suis l'arbre aux fruits d'espérance !

De chaque pomme mûre vont naître onze pousses nouvelles.

Ma terre est l'air du ciel, ma rosée, le scintillement des étoiles.


Qui

parmi les hommes

a la conscience du don ?



Qui

parmi les hommes

a la conscience du don ?




7. Le soleil sur la pomme 04.09.08


(Si nous prenons le temps de respirer et de regarder tout autour de nous, nous devenons sensibles aux qualités apaisantes et généreuses de la nature et nous nous y abreuvons.)


 

Il y a l' éveillé, l' impatiente, l' indifférent,

les yeux clos, le regard perçant, les morts-vivants, les chevaliers...

Où es-tu ? où suis-je ?

J' avance sous la pluie et ne sais régir ni l'arc-en-ciel ni le soleil.

L'écheveau des années se dévide sans que je puisse le retenir.

où es-tu ? Qui suis-je ?

J' ai subi tant de violence qu'aujourd'hui je peux me dire invulnérable.

Et pourtant je crie et pleure, m'agite et m'empoisonne dans l'envers des jours.

L'horizon s'enchardonne à la fenêtre jusqu'à l'étouffement.

Dans l'angle, la solitude.

Et ma main se saisit de la corde à noeuds des rêves, d'un désir d'amour sans limite.

Je vois au-dessus des chardons l' échange de pollens, le rire naissant des feuilles.

Le ciel s'éclaircit, les chardons se replient.

Je me redresse et vais vers toi.


Au bord du fleuve la lumière descend sur l'arbre à fruits

nos mains tremblent,

j' approche une pomme à ta bouche,

et tu restes là, dans le couchant

à goûter le parfum du fruit,

à penser la Beauté des mondes







8. «  Je suis un chat »


(je me suis inspirée très librement du livre « Je suis un Chat » de Natsume Söseki écrit en 1905, pendant l'ère Meiji. Bien sûr, je n'ai pu me mettre à l'ouvrage sans Frimousse, notre petite chatte à demi-siamoise.)


Le maître de la liberté, c'est moi et non ceux qui se disent mes maîtres. J'ai appris à leur plaire, à converser avec eux, à moduler le son de ma voix afin d'être entendue. Je sais me montrer impérieuse pour être obéie comme la dernière enfant de la maison.


On dit que les chats vivent avec les poètes, moi je dirai que les humains ont besoin des chats poètes pour écrire, de la nature aussi. Il n'y a rien de plus ravissant que de jouir d'un jardin à la végétation exubérante. Pourquoi l'oublient-t-ils ? Est-ce pour mon plaisir ? Ici je ne reçois d'ordre de personne, même sur le halage.

Assise sur l'ardoise dressée dans le tumulte de la dernière crue du fleuve, je dicte mes mémoires à la mère de l'enfant qui m'a choisie. Je ne sais comment exprimer ce lien qui nous unit depuis huit... ans attachement, habitude, affection, amour ? Son ami pense que nous ne sommes pas capables de manifester de l'amour, que nous n'avons pas de mémoire, nous les chats. Je ne peux lui vouloir, lui qui m'offre longuement sa main, matin et soir, comme fontaine où me désaltérer. Elle, n'a jamais le temps, on dit qu'elle médite...Oui, j'ai de l'attachement pour eux, fait d'une succession de petites attentions à mon égard, comme une invitation à rester. Quiétude.


Il y a des moments qui me désespèrent...

Je tremble d'inquiétude lorsque les valises s'accumulent dans l'entrée. L'absence signifie enfermement. Plus de chasse aux mulots, plus de guet sur l'écluse. Et s'ils ne revenaient pas ? Je mourrais de faim ! Je mesure ma dépendance, ma fragilité, livrée à moi-même parmi les orchidées tandis qu'une renarde me nargue de l'autre côté du verre. Savent-ils ce que je vis, abandonnée à ma peur et à ma colère ?


Violette, la chatte d'en-haut, m'a confié que nous avions une âme, une plus petite que la leur, bien sûr... Ne serait-ce pas un secret de l'Univers...? Quand je serai très vieille, reviendrais-je sur terre en chat ou en humain ?

Violette affirme qu'il faut être exemplaire... Qu'est-ce qu'un chat exemplaire ? Je crois qu'elle parle d'amour...


Ici, il y a trop de paroles. Je voudrais plus de silence. Mieux voir autour et penser la vie dans sa beauté première, sans gaspillage d'eau ni d'or, simplement. Ici il faut passer par la fraîcheur des ardoises, par-dessus l'orange éclatant des capucines, sous la chevelure de chèvre-feuille tombant de la colline. Je m'invite au portail, en amie de longue date, de la terre et de l'homme.


Ma sieste sur la vieille table en chataîgnier de la véranda est, quoiqu'on en dise, très active. D'un oeil bleu, clair et précis, je contemple un instant l' élan du végétal et, comme un photographe avant la prise de vue, je cherche l'éclairage, repère un détail en gros plan. Ma concentration est intense.

Comment imager cette langue féline à un bipède ?

Mon corps est détendu, ici, personne ne viendra interrompre ma méditation... je suis proche de celle qui partage ma vie et soupire de contentement.

Ma paupière s'est fermée sur une impression de fougères, sur la multiplication des fougères dans l'été. Elles se sont imposées avec les renoncules étouffantes et les jets de ronces. Je souffre intérieurement devant les églantiers étiolés, à demi-abandonnés et me surprends à revenir aux jeunes camélia, rhododendron et rosiers de l'année qui jouissent d'une meilleure lumière. L'harmonie est à resculpter à chaque respiration, un combat sur la matière et sur nous-même...Mais ici, qui est jardinier ? Comment attirer l' humain au travail essentiel de la terre ? Comment vais-je mimer la gaité contagieuse d'une rose épanouie ?

Je ferai en sorte, par l'éloquence de mon regard, que la femme et l'homme empruntent mon pas, et domptent les broussailles pour que leurs mains s'accordent à leur pensée, comme le musicien à son luth. Ainsi le jardin reconstruit sera pépinière du monde et graines et pollens sèmeront l'amour, l'harmonie, l'espérance.

Par la volonté d'une chatte du Siam, je vous le dis !




SL 12.09.08


photos Etmocel


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Mardi 12 février 2008
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Eloge des Bruissements
                                                         une journée au bord du canal de Nantes à Brest
 
 
I
 
Peu à peu l'aube volontaire impose le soleil à nos pas
 
De terre d'air et d'eau nos mains se croisent
 
Les fils de soie, les ailes libres se détendent, frissonnent
 
L'infiniment petit fond dans la renaissance du ciel
 
Silencieux nous marchons le coeur en joie
 
Nos consciences s'éveillent à la Vie,
 
La Vie que nous créons
 
Fragment de Beauté au sein de l'Univers
 
 
 
 
II
 
Nos coeurs s'assagissent dans la rosée
 
Parole d'amour céleste
 
Posée sur le voile de la nuit
 
 
 
 
 
III
 
 
L'herbe désaltérée se dresse, invite à la métamorphose
 
L'intelligence pénétrante de la Lumière
 
Elève dans son chant les murmures du vivant
 
 
IV
 
Pleins feux sur les danses nourrissantes des berges
 
Subtil équilibre de la prise et du don,
 
Dans l'explosion des pistils
 
S'enroulent les pollens les parfums les langues de couleur
 
L'harmonie se dessine au futur
 
 
 
V
 
Le renouveau se lit dans la grâce des alliances
 
Dans la sculpture des corps
 
Dans les ponts entre les êtres,
 
L'oblique clarté révèle le patient travail du Temps
 
 
 
VI
 
La paix du Cosmos descend sur le fleuve
 
La respiration de la Terre s'unit à la nôtre
 
Nos regards s'illuminent d'une nouvelle Vision d'Amour.
 
 
 
 
VII
 
Emportées dans la course des Luminaires
 
Et les saisons de la Terre
 
Rythmées de silences et de fêtes
 
Nos pensées donneront Sens au Jour.
 
                                                    
                       Exposition photos-poèmes d' »Ecrits Ouverts » 2008
                                                       
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Dimanche 30 juillet 2006

    I 

 1986 

 

JAILLIR

 

 

 

Seule

la Lumière signe

L'homme: son point

une terre: son recueil

Nul ne niera leur parenté

*

**

***

En l'arbre

déterminé de Lumière

l'instant

d'apparaître

se souvient

*

**

***

Dans l'oeil des tornades

la fleur

qui s'évase

comme

une exclamation

à vivre

*

**

***

Ne vise pas

l'encolure mate

du chemein

mais l'oeil

indécelable

au loin

d'une flaque d'eau

*

**

***

Peau nue

sur l'aire des battages

quand l'heure

est acquise

aux géographes du ciel

*

**

***

Dans la miettes aux oiseaux

les Vieux

dévoûtent

les étoiles

*

**

***

La liberté

pour jaillir

défie

la pesanteur

*

**

***

Plus que la dureté du sol

le lieu

 mouvant

de l'ébloui

*

**

***

Un soir de grand soleil filant

un funambule

en clef de voûte

pour une architecture

du ciel

*

**

***

La prise

libérée

comme

une main

profonde

qui chemine

*

**

***

Le feu

distancera

les mains

pour les fertiliser

*

**

***

Une persistance

de sable

le meulage du sel

à mi-chemin

l'algue visionnaire

*

**

***

 

Une barque

sur la terre

toilée

sous le ciel commun

des mers

sous l'aube constante

d'une seule parole

*

**

***

Je prie

par la Lumière

qui te diamantera

je prie pour la douceur universelle

des paumes et des langues

frère

je prie pour un Soleil

le même

certainement

que tu veilles

*

**

 ***

Si vous souhaitez partager cet espace, envoyez 1 à 3 poèmes ou textes courts en allant sur "contact" en bas de page d'accueil.

à bientôt

 Syl* 

 

*******

1995  Bretagne

*

 arrive un seuil

où l'Amour lève l'Aube et la  Terre

Lampe qui met à nu les racines des forêts

 

***

  au centre

comment  se perdre

 

***

 

de l'oubli de l'Aube

l'effacement

 

***

 

les mains agissent au bout de l'âme

traces chantonnées

ancres

 

***

 

de part et d'autre

l'homme

en labours

 

***

 

de lande en lande

pensée

assise sur l'embrun

 

***

 

de quel millénaire

es-tu guerrier

ou panseur

 

***

 

la maille baille

dans l'anse du portail

à l'intérieur

 

***

 

la nuit

afin que l'eau

se ressaisisse

 

***

 

nommer

le mercure

avant midi

 

***

 

la gaîté gîte au fond

spéléologue

au briquet

 

***

s'endorment

les mers

sans prophète

soumettre l'homme

au corail

 

***

 

barricade et liberté

travail de la chenille

sur l'accacia

 

***

 

compagnonnage

des polissages lents

doute des fentes

 

écho

noué dans le chanvre

 

***

 

vadrouille des dialectes

abordage des péniches de brume

essaimage

 

***

 

toucher de Ciel

petit carrefour

des passants

 

***

 

le Centre

dans la géographie

des vieilles forteresses

le Centre

en l'homme qui se destine

 

***

 

la Terre

sous les plantes migrantes

tel est demain

mille rives

 

***

 

l'if

enjambe l'air

par les fruits

de sa parole

 

***

 

par l'eau

les marins

ont noué

l'Infini

 

***

 

 

 

 

*************************************************************************************************************************************

*****************************************************************

2004 - extraits de " La Lettre Solaire"  n°19

 

*

(janvier 2004 edito)

Bam

ici les murs s'érigent

en ciel de mort

la-bàs tout n'est plus

qu'éboulement.

où seront demain

les nouveaux disparus

?

 

***

 

inlassables

 nous mourons

et la question se dilue

dans les sanglots

 de l'ignorance

 

comment consoler les vivants

avant les retrouvailles

 

***

 

au-dessus

des multitudes voies d'abordages

nous nous retrouverons

et de nos joies élancées

nous verrons alors

toutes les autres

en nous

***

 

reconnais

que tu portes l'arbre

 aux fruits lumineux

laisse-toi cueillir

par l'enfant qui les voit

***

 

franchir le portail du jardin

avant de contempler

le fleurissement de la terrasse

 

*******

*****

***

*

déjà le milieu du jour

et tu n'as pas encore lavé ton visage

tu vis dans les brumes

tièdes et palpables

sans questionnement

***

 

comment peux-tu envier

celui que tu peux être

***

 

il y a le courage du dompteur

celui de l'éolienne

et le tien

oh millénaire constance

***

 

pioche le talus de tes doutes

pétris l'ombre

dans le craquement de l'étincelle

***

 

toi qui as foré

un conduit dans l'opaque

par où

la Lumière te reçoit

***

 

tu es le calice

la lampe à huile

la puissance éclatante

le rire dans la fournaise

sans piétinement

*****

***

*

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

* photo Etmocel 2007

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